On est déçus” : Voilà le commentaire lancé par les syndicats à la sortie de leur entretien sur la réforme des régimes spéciaux de retraite avec Xavier Bertand, ministre du Travail. “Le gouvernement n’a visiblement pas encore pris conscience de l’ampleur de la grève du 18 octobre“, a déclaré Jean-Christophe Le Duigou de la CGT. “Cette méthode de consultation est insuffisante. On va finir par croire que le gouvernement cherche à diviser les organisations syndicales” a-t-il ajouté. Mais pour l’instant, point de division. Jean-Louis Malys de la CFDT partage l’avis de son collègue de la CGT. A la sortie de son entretien avec le ministre il a regretté qu’il “n’y ait pas eu de nouvelles propositions“. “On attend maintenant que le gouvernement bouge avant le 31 octobre et qu’il intègre certaines de nos propositions“, a-t-il déclaré. Rappelons que le 31 octobre est la date à laquelle les syndicats de la RATP et de la SNCF doivent se retrouver pour décider des suites de leur action. Une action qui prendrait la forme de nouvelles grèves à la mi-novembre. Les syndicats de l’énergie et ceux de l’enseignement pourraient également se joindre au mouvement.

Points d’achoppement

La CGT demande une ouverture d’une négociation globale de la réforme alors que le gouvernement préfère une négociation par entreprise et par branche, excluant une négociation multilatérale. Du côté de la CFDT, “ceux qui disent qu’ils sont hostiles à l’alignement de la durée de cotisation sur 40 ans savent que le gouvernement ne fera pas marche arrière“. “On sait que le gouvernement ne lâchera pas sur ce point. Alors, soit on s’y oppose frontalement et on laisse faire sans négocier de compensations, soit on tente de repérer les vrais défauts de ces régimes et cela peut devenir une opportunité“, a expliqué Jean-Louis Malys. “Le problème est qu’il y a des points durs, des obstacles. On attend que le ministre lève ces obstacles” a-t-il ajouté avant de prévenir “on est dans une logique de négociation mais nous n’excluons pas les actions“.

Le gouvernement doit encore recevoir la CFE-CGC, l’Unsa, la CFTC et FO. L’Union syndicale solidaire, dont fait partie le syndicat Sud, regrette de ne pas avoir été conviée. Environ 500 000 cotisants et 1,1 millions de retraités bénéficient des régimes spéciaux de retraite. Ils travaillent ou travaillaient à la SNCF, RATP, EDF, GDF, aux mines, dans la marine, ou encore à la Comédie française ou au Parlement. Le gouvernement envisage un alignement en 2012 de la durée de cotisation sur celle de la Fonction publique, soit 40 annuités.