ROME – La cour d’assises de Rome a jugé jeudi irrecevable devant les juridictions italiennes la plainte contre Mario Lozano, le soldat américain accusé du meurtre en Irak de l’agent secret italien Nicola Calipari, a constaté sur place une journaliste de l’AFP.
Le tribunal a suivi les arguments de la défense qui contestait la compétence de la cour pour juger le soldat Mario Lozano (37 ans), accusé d’homicide volontaire et de deux tentatives d’homicide.
“Il n’y aura pas de procès faute de compétences juridictionnelles” de la part de la cour, a affirmé le juge Angelo Gargani en annonçant le verdict.
Alberto Biffani, l’avocat de Lozano s’est félicité de la décision: “la cour a suivi mon opinion”, a-t-il affirmé.
En mars 2005, Lozano, posté à un barrage de l’armée américaine à Bagdad, avait tiré sur la voiture dans laquelle se trouvaient Nicola Calipari, la journaliste italienne et ex-otage Giuliana Sgrena, et un autre officier italien alors que le véhicule se dirigeait vers l’aéroport.
Calipari qui venait d’obtenir la libération de Sgrena avait été tué tandis que la journaliste et le second officier avaient été blessés.
Le soldat américain avait rejeté la responsabilité de la mort de l’agent secret sur la journaliste italienne, lors d’une interview à la Rai le 14 mai dernier.
“C’est elle qui est fautive (…). Si elle n’était pas venue là-bas (en Irak, ndlr), Calipari ne serait pas venu la sauver. Elle connaissait les risques et elle l’a fait quand même”, avait-il déclaré.
Ces propos avaient été jugés “inadmissibles” et “choquants” par la journaliste, partie civile au procès.
Giuliana Sgrena présente jeudi à l’énoncé du verdict a déclaré: “je trouve ce verdict incroyable. L’arrogance américaine a gagné”.
“Calipari était considéré comme un héros et maintenant ils (les juges) ne veulent pas savoir ce qui s’est passé. C’est très sérieux”, a-t-elle estimé.
Son avocat, Simone Sabattini, a précisé à l’AFP qu’il comptait faire appel du jugement de la cour d’assises
Les Etats-Unis ont assuré depuis le début de l’affaire que leurs militaires s’étaient comportés de manière réglementaire et que le véhicule des Italiens roulait trop vite et n’avait pas ralenti à l’approche des soldats américains.
Pour les Etats-Unis, la mort de Calipari a été un “accident tragique, rien de plus”.
L’Italie n’avait jamais accepté cette explication et avait refusé de signer un rapport rédigé conjointement avec les Américains, pour procéder à ses propres expertises.
Le procès préliminaire s’était ouvert le 17 avril dernier à Rome.
Si la justice italienne s’était déclarée compétente, cela aurait été la première fois qu’un soldat américain servant en Irak aurait été poursuivi devant un tribunal étranger.
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(©AFP / 25 octobre 2007 13h57)