PARIS – L’électricien français EDF va céder des centrales à gaz au Mexique, après s’être déjà désengagé du Brésil et d’Argentine, toujours dans le but de se recentrer sur l’Europe et l’énergie nucléaire.
Le premier producteur européen d’électricité a annoncé jeudi qu’il allait céder à l’espagnol Gas Natural cinq centrales à cycles combinés de gaz et de vapeur situées au Mexique, ainsi que la société qui les exploite et un gazoduc.
L’ensemble est valorisé à 1,448 milliard de dollars, a précisé EDF dans un communiqué.
Les centrales Saltillo, Altamira 2, Rio Bravo 2, Rio Bravo 3 et Rio Bravo 4 représentent une puissance totale 2.233 mégawatts (MW).
Le groupe français avait lancé en février le processus de cession de ces actifs.
Dans un communiqué distinct reçu à Madrid, l’espagnol Gas Natural a précisé que quatre des centrales cédées appartenaient à EDF, tandis que la cinquième était détenue en coentreprise à 51% par EDF et 49% par le géant industriel japonais Mitsubishi.
EDF est présent au Mexique depuis 1998 comme investisseur et exploitant, depuis que le gouvernement mexicain a privatisé la production électrique.
Selon EDF, cette cession s’inscrit dans la stratégie du groupe, qui « inclut notamment le recentrage de ses activités en Europe et la participation à la relance du nucléaire dans le monde ».
C’est d’ailleurs l’Europe qui avait tiré la croissance du chiffre d’affaires d’EDF en 2006. EDF a dégagé en 2006 des ventes de 58,9 milliards d’euros, en hausse de 15,4%, tirées par une croissance en Europe (hors la France) de 37,1% à 24,8 milliards. En France (54,2% du chiffre d’affaires total), elles ont progressé en 2006 de 6,4% à 31,9 milliards.
EDF a déjà commencé à se désengager d’Amérique latine, en vendant Light, sa filiale au Brésil, et Edenor, sa filiale en Argentine.
En mai, EDF a vendu le solde de sa participation dans le premier distributeur argentin d’électricité Edenor, dont il possédait encore 25%, après avoir finalisé en septembre 2005 la cession de 65% d’Edenor au fonds d’investissement argentin Grupo Dolphin.
En août 2006, EDF a vendu 79,4% du capital de sa filiale brésilienne Light pour 319,8 millions de dollars (environ 249 millions d’euros à l’époque) au groupement d’entreprises brésilien Rio Minas Energia. Light fournit de l’électricité à 3,8 millions de consommateurs dans l’Etat de Rio de Janeiro.
EDF veut aussi profiter de la relance des centrales nucléaires dans le monde, moins polluantes en gaz à effet de serre que les centrales à énergie fossile (gaz, charbon).
Candidat à la construction de centrales nucléaires en Grande-Bretagne, il vise aussi le marché américain avec l’ambition d’y construire une première centrale nucléaire en 2015.
Le groupe français est aussi en pourparlers avec la Chine, pour participer notamment à la construction des centrales qui accueilleront les réacteurs de troisième génération EPR du groupe nucléaire français Areva. Il entend aussi se développer en Afrique du Sud.
EDF veut « exporter sa compétence » à partir de la construction de l’EPR de Flamanville (Manche), qui devrait commencer à la fin de l’année.
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(©AFP / 25 octobre 2007 13h02)